
L’annonce est tombée, brutale et définitive : le gouvernement acte la liquidation de l’Institut National de la Consommation (INC). Derrière cet acronyme administratif se cache pourtant le rempart historique des citoyens face aux dérives du marché. Si cette décision interpelle au niveau hexagonal, elle devrait provoquer un séisme dans nos territoires d’Outre-mer. Pourtant, du côté de nos représentants politiques, c’est le calme plat. Un silence qui interroge, tant l’enjeu touche au cœur du quotidien des familles ultramarines.
Un bouclier qui s’effondre
L’INC, via ses essais comparatifs et ses enquêtes juridiques, n’est pas qu’un simple éditeur de presse. C’est un garant de la santé publique et de la sécurité des consommateurs. Dans nos territoires où le coût de la vie est structurellement plus élevé qu’ailleurs, l’accès à une information indépendante sur la qualité des produits n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale.
En supprimant cet outil, on laisse le champ libre :
- À l’opacité sur la composition des produits importés.
- À l’affaiblissement des normes de sécurité pour les biens de consommation courante.
- À une vulnérabilité accrue face à l’inflation galopante.
Pourquoi cette apathie politique ?
Comment expliquer que nos députés, sénateurs et présidents de régions, habituellement si prompts à monter au créneau sur la question du pouvoir d’achat, restent aujourd’hui muets ?
La disparition de l’INC signifie la fin d’une expertise technique capable de dénoncer les abus de position dominante ou la dangerosité de certains produits spécifiquement distribués dans nos bassins géographiques. Est-ce un désintérêt pour la protection technique du consommateur ? Ou une sous-estimation des conséquences réelles de cette liquidation sur nos marchés locaux ?
« L’absence de réaction de nos élus est une validation tacite d’un recul social majeur. On ne peut pas lutter contre la ‘vie chère’ tout en laissant démanteler les outils qui permettent de savoir ce que l’on paie réellement. »
Une urgence sanitaire et sécuritaire
Dans des régions confrontées à des enjeux de santé publique majeurs (obésité, diabète, scandales environnementaux), l’indépendance de l’expertise de l’INC était un contre-pouvoir nécessaire face aux lobbies industriels. Sans l’INC pour porter une voix scientifique et vulgarisée, qui surveillera la conformité des jouets de nos enfants ou la réalité nutritionnelle des produits sur nos étals ?
Appel à la mobilisation
Il n’est pas trop tard pour que nos représentants sortent de leur torpeur. La défense des consommateurs ultramarins ne peut se limiter à des slogans de campagne. Elle exige le maintien d’institutions fortes, capables de garantir que l’éloignement géographique ne signifie pas une citoyenneté de seconde zone en matière de sécurité sanitaire.
Le silence est une démission. Il est temps que nos élus demandent des comptes et exigent des garanties pour la protection de ceux qu’ils représentent.
VALCIN Kamal – citoyen engagé – fondateur du parti UTILES Martinique