
Lorsqu’on observe le défilé des candidats à l’élection présidentielle devant le MEDEF, un sentiment étrange s’impose. L’image est frappante : des hommes et des femmes politiques, prétendant incarner la souveraineté populaire, venant passer un examen moral et économique devant un jury de décideurs privés. À écouter leurs prestations, l’alignement frôle le conformisme. Les discours s’assouplissent, les angles s’arrondissent, comme s’il fallait avant tout rassurer « les maîtres des lieux ».
Ce spectacle repose sur un renoncement intellectuel et une inversion des rôles.
La valeur fondamentale, c’est le peuple avant tout
Dans cette mécanique, une évidence absolue semble oubliée : l’économie n’existe pas sans les femmes et les hommes qui la font tourner.
- Sans le travail quotidien des salariés, des artisans, des techniciens et des agents publics, l’entreprise est une coquille vide.
- Sans le peuple pour consommer et faire vivre le territoire, la finance ne produit aucune valeur réelle.
- Sans la société civile pour former, soigner, sécuriser et entretenir les infrastructures, le marché s’effondre.
L’économie n’est pas une entité autonome qui dicte sa loi à la nation ; elle est le produit de l’effort collectif.
Quid du mythe du grand chantage à la fuite?
On nous répète depuis des décennies que le pouvoir politique doit se soumettre sous peine de voir les capitaux et les investisseurs fuir le pays. Mais cette menace ignore la réalité du monde.
Où iraient-ils ? Dans des régimes autoritaires où la propriété privée dépend du bon vouloir de l’État ? Dans des économies où les compétences techniques, la stabilité des infrastructures et le niveau de formation des citoyens n’arrivent pas à la hauteur des exigences modernes ?
La France n’est pas attrayante par hasard ou par complaisance fiscale. Elle l’est parce qu’elle dispose d’un peuple qualifié, d’un cadre de vie structuré et d’un tissu social solide. Ce que les investisseurs cherchent, ce sont des compétences et un environnement stable — deux choses que seul le travail du peuple garantit.
Il faut remettre la politique à l’endroit
Le rôle des gouvernants n’est pas de plaire à une minorité financière sous prétexte qu’elle détient les capitaux, mais d’adapter l’économie aux besoins de la majorité.
Tant que les décideurs politiques continueront de chercher l’aval du pouvoir économique avant de solliciter la légitimité populaire, le sentiment de dépossession démocratique ne fera que croître. Il est temps de rappeler une vérité élémentaire : ce ne sont pas les entreprises qui font la nation, c’est le peuple qui fait vivre les entreprises.
VALCIN Kamal – citoyen engagé – fondateur du mouvement UTILES Martinique